Rendre hommage à Jean Allaire et son héritage dans le débat référendaire de 1995

Jean Allaire a été un donateur généreux pour l’Agora. Je l’ai rencontré personnellement à quelques reprises chez lui, à Laval. Il est venu à la maison aussi à quelques reprises. Il aimait faire des voyages dans une maison mobile. Mais ce qui m’étonne le plus en ce moment, c’est qu’on ne semble pas attacher beaucoup d’importance au rôle qu’il a joué avant le référendum de 1995. Je ne connais pas avec précision les raisons pour lesquelles il a quitté le Parti libéral.
Ce qui a été un acte lourd de conséquences. Je ne connais pas non plus les liens qu’il a eus avec Mario Dumont. Je sais qu’on l’a présenté parfois, avec raison, comme un des fondateurs de l’Action démocratique. J’ai fait partie, avec une vingtaine d’autres personnes en 1991, si ma mémoire est bonne, d’un groupe qui s’appelait le Groupe de réflexion Québec, qui comportait plusieurs comités correspondants aux principaux ministères du gouvernement.
Nous avons publié dans l’Agora un cahier qui contient les rapports de tous ces comités. Et à ce moment, l’Agora et ses amis ont joué un rôle important dans l’organisation du référendum. Un de mes buts était de faire en sorte que le camp Oui, grâce à un rapprochement avec Jean Allaire, serait assez fort pour qu’on dépasse les 50 %. Les deux sont morts maintenant. Je sais pertinemment que notre ami Bernard Landry avait des conversations avec Allaire au sujet du référendum.
Je n’ai pas assisté à ces conversations, mais je sais qu’elles ont eu lieu. Encore une fois, je ne comprends pas pourquoi il n’est pas question de lui actuellement. Pas beaucoup, en tout cas. Il faudrait que l’Agora redresse un peu la situation. La dernière fois que j’ai vu Jean Allaire, il avait déjà 90 ans. Ça fait au moins 10 ans que je ne l’ai pas vu. Je le sentais fait pour vivre longtemps parce que jeune, il avait été un athlète et il était resté athlète.
Il a été, entre autres choses, distributeur de vin. Il aimait beaucoup le bon vin. Alors tâchons de réparer l’indifférence des autres à son endroit.