Cui-cui #3 : La santé à tout prix ?

Pierre Biron

Une joute en trois périodes: avant la pandémie, depuis la pandémie, le grand espoir.

Pierre Biron avec l’aide de Jean-Claude St-Onge

Montréal, 6 Janvier 2021

Une joute en trois périodes

Première période : Avant la pandémie une certaine médecine préventive à la recherche de « surplus » de santé (pour une santé parfaite) était née par la recherche sur les facteurs de risque et nous a menés à adopter des styles de vie dits « sains » mais contraignants. Ses dogmes intériorisés étaient promus par les entreprises, relayés par les professionnels et les médias puis repris par les gouvernements et leurs santés publiques.

Deuxième période : Qu’arrive la pandémie, les relais se font en sens contraire : les gouvernements et leur santés publiques sous pression nous imposent des mesures de protection covidienne, et les directives sont reprises docilement par les professionnels et les médias. Les degrés de contrainte varient selon les juridictions et le temps, souvent aux dépens de la rigueur scientifique ou du bon jugement.

Troisième période : Apparaît alors le grand espoir, le Sauveur tant attendu, la vaccination. L’industrie met en pause ses autres projets : c’est la course effrénée aux brevets, la négociation de prix (comptés en milliards) avec des ministères (dont certains incompétents et d’autres complicites) pris en otage, et des modes de production époustouflants. Elle prend le haut du pavé et oriente la pensée dominante covidienne.

Les agences du médicament coincées entre un vendeur cupide et un acheteur empressé autorisent la commercialisation urgente avant la fin d’une irremplaçable évaluation rigoureuse.

Avant la pandémie 

Par elle-même la surmédicalisation est déjà contraignante, en fait, auto-contraignante car on intériorise les nouveaux dogmes sanitaires apparus vers la fin du 20e siècle. En effet la médecine ou plutôt la « santé », propulsée par la recherche sur les facteurs de risque, cooptée par l’industrie sanitaire qui a sauté sur l’occasion, et relayée par la santé publique et les gouvernants, a déjà envahi la vie privée avant la pandémie.

Le surdiagnostic, le dépistage, le surtraitement, la surmédicamentation, l’alimentation « saine », l’anti-sédentarisme et l’anti-tabagisme sont tous devenus monnaie courante, souvent avec raison, parfois avec excès. On recherche la santé parfaite. Les Ivan Illich, les Thomas McKeown, nous l’avaient prédit. Le transhumanisme nous imprègne, certains rêvent de l’homme cyborg. Jacques Dufresne nous le rappelle souvent.

On en vient à s’imposer avec fierté toutes sortes de contraintes et d’activités afin de satisfaire aux conditions associées à un surplus de santé. Le terme vient de l’anthropologue américain Joseph Dumit (Drugs for Life. Durham, Caroline du Nord : Duke University Press; 2012).

Davantage de muscles et d’endurance (jogging, gymnase), meilleure apparence physique (Botox, liposuccion, implants, stéroïdes), meilleure performance sexuelle (Viagra et cie., suppléments hormonaux), meilleure densité osseuse (Fosamax et cie.), suppléments alimentaires tous azimuths et diètes miracle pour une santé plus parfaite. Une certaine gauche bien-pensante s’en tape les mains sans tenir compte des déterminants sociaux.

Quant à l’espérance de vie, on recherche la meilleure protection contre la mort par des bilans de santé annuels, des dépistages de masse (cholestérol, sucre sanguin, cancers de la prostate et du sein, mémoire, humeur …) et les mirages biomédicaux qui en découlent.

Le concept de bonne santé se transforme en chiffres (Health by Numbers): par exemple des niveaux de la tension artérielle servent à distinguer la haute pression de la normale, mais cette normalité est décidée par un seuil à ne pas franchir, et ce seuil est d’année en année ramené vers le bas par des instances médicales sous influence pharmaceutique : 160 mmH, 150, 140 voire 130 ?

La réponse dépend de l’expert consulté; les plus sages et indépendants vous diront que cela dépend de l’âge, du sexe et de l’état de santé. Le même phénomène se produit pour le diabète de l’âge mur, le cholestérol, l’humeur.

Cette médecine dite préventive devenue si envahissante sera qualifiée de présomptueuse, arrogante et autoritaire par nul autre qu’un fondateur de la médecine scientifique moderne dite factuelle (evidence based medicine), David Sackett à Hamilton, Ontario. 

Des médecins généralistes inspirés comme le belge wallon Marc Jamoulle nous proposent comme résistance passive les mesures à prendre pour protéger les bien-portants et les malades de ses effets iatrogènes, en quelque sorte la « protection contre la prévention mal avisée», appuyée par la promotion de nouveautés pharmaceutiques dont la grande majorité depuis 3-4 décennies se sont avérées inutiles (Revue Prescrire, Paris), promotion reprise trop fidèlement par les comités professionnels de directives cliniques.

Savoir déprescrire devient un devoir dans l’optique d’une bonne pratique clinique, surtout en gériatrie; un Réseau canadien de déprescription a d’ailleurs été lancé par l’Institut unversitaire de gériatrie de Montréal.

Pendant des décennies les industries sanitaires profitent des dogmes d’une médecine préventive devenue dévoyée et dont les acteurs font preuve d’un manque de sens critique et redéfinissent périodiquement nos surplus de santé. Personne n’a plus le droit d’être bien-portant, c’est le retour du Dr Knock (1923) de Jules Romain, « le bien portant est un malade qui s’ignore ».

Heureusement des soignants universitaires clairvoyants comme Gilbert Welch et Nortin Hadler aux É.-U. et Peter Gøtzsche au Danemark, traduits par Fernand Turcotte à Montréal, publient une brochette de livres pour démontrer à un public averti que trop de médecine peut être aussi dommageable que trop peu. L’initiative Choisir avec soin évalue d’autre part à un million par année au Canada les interventions médicales inutiles.

On dépense beaucoup, on subit des effets indésirables parfois fatals, on augmente notre niveau d’anxiété pour tenter de vaincre le vieillissement, la fragilité, les limitations, la laideur, même la « brièveté de la vie »  car sans religion ou spiritualité vaut mieux éviter d’y penser et la reporter le plus loin possible, quitte à passer ses dernières années dans un état plus ou moins déplorable, si déplorable parfois que le suicide assisté ou l’euthanasie déguisée se pointent le nez.

C’est le nouveau visage de la recherche d’immortalité, celui du transhumanisme qui remplace la religion et la spiritualité. C’est l’absurde « homme nouveau » augmenté. Bref, de l’humain déshumanisé qui refuse ses limites. Tout acharnement préventif se fait aux dépens de la liberté, un dommage collatéral du santéisme. On finit par se demander si les ingénieurs du corps humain en quête de longévité produisent parfois plus de mal ou plus de bien.

À table on va nous dire quoi manger. Pendant des décennies il faut éviter les gras, ce qui appuie d’ailleurs par ricochet l’emploi de réducteurs de lipides sanguin (statines comme Lipitor, Crestor et cie.), pilules qui n’ont jamais rempli leurs promesses et dont certains consommateurs sont en fin de vie.

On remplace le beurre par la margarine sans avoir la preuve de ses supposés bénéfices cliniques; de toute façon l’hypothèse lipidique n’a plus beaucoup d’appui scientifique et près d’une quarantaine d’études cliniques confirment que les aînés au « mauvais cholestérol » plus élevé vivent plus longtemps (Uffe Ravnskov, THINKS.org).

Pendant que les tablettes des grandes surfaces foisonnent de produits « sans cholestérol, faibles en gras »,  voilà que l’on découvre que le grand prêtre de l’hypothèse du cholestérol était secrètement financé par l’industrie des sucres : l’américain Ancel Keyes avait manipulé les faits en choisissant 7 pays parmi les 22 examinés. Les Américains se bourrèrent de sucres.

Alors la santé publique et la médecine populaire continuent de contrôler nos assiettes : il ne faut plus manger de sucres raffinés. Bien sûr cela mène au diabète de la maturité dit type 2 et à l’obésité. Mais on se met à utiliser des succédanés sans calorie sans savoir s’ils augmentent ou diminuent la résistance à l’insuline tandis que les industries alimentaires sont grandement responsables des sucres raffinés cachés dans presque tout ce qu’on trouve de mets préparés sur les tablettes des épiceries et au menus des restos rapides. Les plus pauvres se contentent d’aliments malsains moins chers que les aliments frais.

On tolère que laits, yaourts, céréales et autres soient devenus des produits transformés, même lorsque qualifiés de « nature », bien éloignés de ceux consommés par les grandmères des îles grecques ou italiennes ou japonaises où l’on bat des records de longévité. Îles sans pollution, sans disparité socio-économique marquée, socialement cohésives, où l’on cuisine à la maison. Sommes-nous vraiment libres, citadins des grandes villes à la merci des mondiales de l’agro-alimentaire, de manger autrement ?

Ensuite on s’attaque à l’alcool, on prêche l’abstinence totale; jusqu’au jour où l’on accepte même aux États-Unis que le régime dit méditerranéen proposé en France (Michel De Lorgeril et autres) est le plus recommandable et inclut un peu de vin avec le repas du soir.

Souvent l’embonpoint peut céder quand on décide de manger moins, moins vite, moins seuls, moins souvent (pas de grignotage, sauter un repas par jour), sans recourir au mirage des diètes miracles que l’on doit mettre au rancart l’une après l’autre.

Et puis c’est le sexe qui en prend un coup : quand le sida arrive, plus question de faire l’amour sans condom, en attendant d’être testé de part et d’autre, et la positivité entraîne la discrimination. La santé publique entre dans la chambre à coucher, cette fois avec raison bien sûr, ce virus sait bien comment se propager. C’est encore vrai aujourd’hui. Noter qu’aucun vaccin n’a pu être mis au point en 4 décennies.

On est déjà entrés dans une période où l’on valorise une prévention biologique proactive basée sur des calendriers de dépistage d’anomalies dans les molécules plasmatiques et l’imagerie corporelle. Attention à nos gouvernants qui vendent à rabais nos données médicales massives livrées en pâture aux banques de données nuagiques qui les refileront aux mondiales du médicament.

Ces cibles et outils interprétés par intelligence artificielle sont à la recherche de marqueurs et de facteurs de risque, dont l’importance et l’utilité pour la santé sera immanquablement exagérée par des intérêts particuliers, corporatifs ou idéologiques.

Les résultats enrichiront certains actionnaires, permettront aux politiques un meilleur contrôle des citoyens et aideront les assureurs et employeurs à discriminer. Une fois testés, si on s’avère positif, on est marqué pour longtemps, c’est écrit dans notre dossier médical informatisé, donc partagé.

Depuis la pandémie 

Pas besoin de mentionner le stress des confinements, des sorties contrôlées, du nombre de personnes qu’on peut visiter ou recevoir; chez qui on peut ou ne peut pas aller selon le type d’habitation, leur lieu de résidence, leur histoire de contacts, leur voyage récent, leur bulle familiale.

Question sexe, l’hyginéniste en chef fédérale canadienne, médecin infectiologue pédiatrique, va jusqu’à suggérer (le 2 septembre 2020, je n’invente pas cela) la masturbation comme activité la plus sécuritaire en temps de pandémie, ainsi que le port du masque et l’évitement de contacts faciaux lors d’une nouvelle rencontre amoureuse (sic).

Un ami espagnol, expert en santé publique par surcroît, se plaint durant une période de confinement strict de ne pouvoir sortir de son chalet en bord de Méditerrannée pour aller se promener sur un bout de plage déserte, ni d’enlever son masque pour respirer de l’air pur, ni même de faire du kayak près de criques inhabitées, un drone pourrait retracer ce dangereux délinquant criminalisé…

On ne peut plus aller au théâtre, au cinéma, à l’église, à la librairie, à la bibliothèque même si la distanciation y est respectée, la ventilation convenable et les masques bien ajustés. Au diable la culture, les carrières de nos artistes, à bas la religion. Votre proche-aidé se meurt à l’hôpital, à la résidence, au Chsld/Ehpad, vous ne pouvez pas y aller même aux derniers moments pour lui tenir la main, lui fermer les yeux.  

Les dérapages vont de l’enfermement par l’extérieur du domicile de familles délinquantes à Wuhan (porte verrouillée par la police chinoise) jusqu’au verrouillage de la porte de chambre d’aînés déments en établissement. Combien en ont-ils été réduits au suicide ?

Que dans une région on n’ait pas le droit de sortir de son domicile, cela se voit durant la guerre (bombardements attendus) ou une opération de police (acte de terrorisme) mais ne dure pas longtemps. Qu’un individu soit condamné à l‘assignation à domicile est un acte juridique. Un confinement généralisé s’adresse à des innocents. Les rassemblements irresponsables sont certes déplorables, mais la ligne est floue entre dénonciation et délation.

Les masques à l’extérieur affadissent la vie sociale, on teste sans consentement des groupes à risque, le langage paternaliste des autorités culpabilise. Les fermetures commerciales paupérisent, notamment les petites entreprises et leurs employées. La charge mentale des femmes a été doublée par le télé-travail et les fermetures d’écoles. En médecine la téléconsultation rend la pratique difficile et le masque nuit à la relation soignant-soigné durant la consultation en personne.

Les politiques prennent souvent des décisions sensées bien sûr, mais AUSSI en pensant à leur popularité chez les électeurs, ET sous l’influence de l’industrie vaccinale. Les autorités choisissent ce qui fait leur affaire parmi les recommandations de la santé publique, elle-même victime des incertitudes épidémiologiques entourant ce nouveau virus. Des gouvernements vont même jusqu’à ingorer les recommandations du fabricant lui-même concernant la 2e dose.

Ce qui explique que certaines mesures nous semblent contraignantes contradictoires, imprévisibles, illogiques, trop tardives ou trop hâtives, pas assez sélectives, ou sans surveillance (comme la quarantaine).

Les informations grand public sont filtrées. On rapporte des taux de décès covidiens quotidiens sans les comparer aux décès non covidiens survenus le même jour, pour connaître le taux de surmortalité covidienne. On ignore encore la validité des certificats de décès covidiens.

On nous prive de l’intervalle de confiance du nombre de testés positifs (dits « les cas »), car il y a des faux positifs. On voit rarement le taux de mortalité covidienne par million de population. Ni par groupe d’âge. Ni par ethnies. Ni par code postal. Faut rechercher soi-même depuis des sources fiables.

Deux rendez-vous manqués

On aurait pu confier aux médecins généralistes, en les encadrant et les outillant bien, la tâche de surveiller leur clientèle, avec des tests valides, l’isolement au besoin, et l’usage de traitements symptomatiques peu dangereux, pour qu’ils réfèrent à l’hôpital tous ceux, et seulement ceux ne pouvant être soignés en ambulatoire, pour prévenir le délestage hospitalier.

Depuis la pandémie on intensifie le dépistage des troubles de comportement dans les écoles nord-américaines, sous l’influence des entreprises et la complicité des directeurs pédagogiques et des ministères, pour psychiatriser et médicamenter dès le jeune âge, au risque de gâcher leur vie, alors que ces troubles résultent des confinements, du manque de contacts sociaux, du télé-enseignement forcé, de la dépendance aux écrans, des familles dysfonctionnelles, du burnout des « femmes à la maison », de la promiscuité dans les petits logements. On devrait plutôt engager le personnel voulu, formé en psychopédagogie sans pilules.

Le grand espoir

Industries, santés publiques et gouvernements promettent la main dans la main des surplus de protection pandémique par l’annonce triomphante de 164 vaccins en essais précliniques dans les laboratoires et 48 en essais cliniques, chiffres de l’OMS en novembre 2020.

Les premiers disponibles sont les plus risqués – Pfizer/BioNTech et Moderna – car ils introduisent du matériel génétique dans l’intimité de nos cellules qui doivent alors lire le code pour synthétiser une protéine de la spicule virale qui servira d’antigène devant déclencher la formation d’anticorps spécifiques au c19 par notre système immunitaire. On lira le virologue Bernard Dugué (sur agoravox.fr) qui sonne l’alerte en fin 2020.

Concernant les premiers vaccins contre de type ARN messager, vaudrait mieux attendre qu’ils soient suffisamment évalués pour éviter de mauvaises surprises avec un mécanisme d’action inédit en virologie humaine.

Ceux qui qualifient l’introduction de matériel génétique dans nos noyaux cellulaires de « viol qui les transforme en Organismes génétiquement modifiés (OGM) et la population vaccinée en cobayes » vont trop loin, espérons-le.

Les fabricants se sont lancés dans cette voie parce qu’il est devenu plus facile de reproduire des quantités gigantesques de ces « bouts de gènes » que d’utiliser des méthodes plus traditionnelles, la production rapide d’ADN ou d’ARN ne requiérant que la séquence du matériel génétique viral. Rappelons-nous que dans tous les domaines de l’industrie pharmaceutique, c’est en vaccinologie que l’omerta est le plus visible, sans jeu de mots. Et les données brutes des essais cliniques demeurent confidentiels, comme des secrets d’État.

Les journalistes influenceurs, tous médias confondus, le savent et craignent aussi de perdre leur emploi, être dénigrés ou harcelés ou poursuivis pour avoir juste osé poser des questions au sujet de tout nouveau vaccin ou calendrier de vaccination.

Les fabricants tirent les ficelles à l’Organisation mondiale de la santé par fondations caritatives « amies » ou comités d’experts sponsorisés, dans les Santés publiques -- aux É.-U. les experts des Centers for Disease Control (CDC) ont des intérêts particuliers dans les entreprises vaccinales -- et dans les cabinets de nos dirigeants dont les portes restent grandes ouvertes aux lobbyistes.

Les pdg, les hygiénistes en chef, les gouvernants parlent d’une seule voix. Les actionnaires s’enrichissent, les hygiénistes moralisent et les gouvernants dépensent (notre argent). Avec une partie des coûts vaccinaux (subventions, achats et distribution) on aurait pu redresser la contagiosité dans les Chsld, chez les minorités défavorisées, dans les quartiers pauvres, et adapter écoles et établissements sanitaires à la nouvelle situation.

A-t-on la liberté de se faire ainsi vacciner ou non par des produits commercialisés en urgence avant d’avoir été suffisamment étudiés ? Tout dépend de la région que l’on habite. L’objectif logique bien sûr, est d’offrir un surplus de protection contre le virus. Mais les conséquences ne doivent pas apporter un surplus de problèmes de santé physique.

Certains citoyens ou soignants refuseront l’offre ou une éventuelle obligation.

Soit par « principe », ils n’aiment pas les vaccins; pourtant il y en a de bons, et de moins bons. D’accord que certains calendriers vaccinaux chez l’enfant sont très chargés dans certaines juridictions. Chaque vaccin étant un cas particulier.

Soit empiriquement parce qu’une connaissance vaccinée a fait une grosse réaction anaphylactique et dut recevoir une injection d’adrénaline (EpiPen), risque acceptable à condition seulement d’être rarissime et que ledit vaccin soit démontré efficace sur des critères pertinents dans une majorité des exposés à cette vaccination.

Mais pour quelques-uns le refus pourrait être un message à la société : au delà du matériel dans la vie, il y a du spirituel, et une certaine conception de la liberté consiste à pouvoir faire des choix individuels, à dire non en certaines occasions, cela nous distingue des autres créatures. Pour paraphraser Fiodor Dostoïevsky dans ses Notes d’un souterrain, 1864, la liberté fait partie de ce « surplus d’humanité » que l’on retrouve chez l’HomoVivens de Jacques Dufresne.

Épilogue

Certains jeunes désirant fêter se rassembleront clandestinement malgré l’interdiction, ils diront que le geste est politique, pour décompenser après une année porteuse de privations, d’angoisse quant à leur avenir, de découragement.

Un ado québécois décrocheur rencontré récemment et très blessé par les confinements m’a posé une question :

Dans la Seconde guerre mondiale les Alliés ont sacrifié sans hésiter presque 11 millions de jeunes vies pour « sauver notre civilisation » du danger nazi. Depuis la pandémie on voudrait « sacrifier notre civilisation » pour sauver du danger covidien 100% des vieilles vies. Pourquoi un tel décalage ? 

J’ai eu envie de lui ai répondre :

On voulait réduire l’engorgement hospitalier car notre système pourtant moderne n’est pas prêt à affronter une pandémie, pas étonnant puisque depuis une quarantaine d’années on a fermé la moitié des lits dans la province.

Mais finalement j’ai préféré me taire, c’est trop compliqué…

 

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