Concorde et Kurks: une même négligence?

Claude Gagnon
Deux jouets technologiques brisés: un sous-marin pour faire la guerre, un avion supersonique pour aller plus vite...
Il y a quelques semaines, un avion supersonique Concorde s'écroulait au décollage, entraînant la mort de 114 personnes. Cette semaine, c'est le sous-marin nucléaire Kursk qui s'abîmait en mer, faisant périr 118 membres d'équipage. Plusieurs similitudes existent entre les deux catastrophes. Les deux objets en cause étaient des moyens de transport parmi les plus sophistiqués dans leurs domaines respectifs. Il y a aussi le nombre de morts qui, à défaut d'être exactement le même, indique néanmoins une même échelle de pertes humaines. Il y a tout de même une différence. L'évidente incurie de l'armée russe et de son amirauté a été dénoncée immédiatement comme responsable des pertes de vies russes dans le submersible. Alors que ce n'est que dans la semaine qui a suivi le crash du Concorde, avec son équipage français et ses clients allemands, que les rapports ont évoqué des incidents antérieurs, mettant en cause les pneus et surtout l'entretien douteux des pistes de décolage. Finalement, les deux calamités se ressemblent beaucoup et ressemblent beaucoup à notre monde prétendument des plus sécuritaires. Nous voyons bien que même les citoyens les plus riches ou les militaires professionnels les plus privilégiés ne sont pas à l'abri des ruptures dramatiques de notre travail à la chaîne. Les conséquences politiques des deux incidents sont tout aussi semblables que différentes à la fois: Concorde a perdu son certificat de navigabilité (qui ne tenait qu'à un cheveu, sans qu'on le dise) et le gouvernement russe a définitivement perdu son certificat de crédibilité auprès de toute sa population, ce que le monde libre prétendait déjà savoir. Mais il s'agit au fond d'une même négligence qui peut contaminer la petite vie si fragile de nos jouets technologiques.

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