Sirk Douglas

1897 -1987

Débuts

 

            Né Hans Detlef Sierk dans l’Allemagne impériale de la fin du XIXè siècle, Douglas Sirk se consacre en premier lieu à ses études universitaires. Eclectique et brillant, il suit des cours de Droit, de Philosophie et enfin, d’Histoire de l’Art, sous la direction du grand Professeur Erwin Panofsky. Il s’oriente ensuite vers le Théâtre. A Brême, de 1923 à 1929 puis à Leipzig, de 1929 à 1933, il monte de nombreuses pièces. Ses préférences vont à Shakespeare, Schiller, Ibsen ou encore, Shaw. Son talent de metteur en scène lui permet de gagner Berlin et d’être engagé par la UFA. C’est avec le soutien de cette prestigieuse société de production qu’il réalise un premier court-métrage, en 1934 : Der Eingelbildete Kranke. Ses débuts dans le long-métrage ont lieu dès l’année suivante, avec April April, Das Mädchen Von Moorhof et Stützen Der Gesselschaft.

 

Particularités

 

            Marié en secondes noces à une Juive, Douglas Sirk décida de quitter l’Allemagne Nazie en 1937. Il laissa derrière lui sa première femme, une fervente admiratrice du Führer et un fils, baptisé Klaus, qu’il ne revit jamais. Ce dernier devint une étoile du Cinéma Hitlérien. Malgré son jeune âge et sa notoriété, il fut envoyé sur le front de l’Est et mourut sous les balles de l’Armée Rouge en 1943. Sirk s’inspira de cette tragédie pour mettre en scène Le temps d’aimer et le temps de mourir (A Time to love and a Time to Die), récit poignant d’un amour brisé par la seconde guerre mondiale.

            Le réalisateur, Danois d’origine mais Allemand de culture, fit l’essentiel de sa carrière en exil. Après de brefs séjours en Afrique du Sud et aux Pays-Bas, où il signa Wilton’s Zoo (1938) et Boeffe (1939), il s’installa aux Etats-Unis. Hitler’s Madman (1943), son premier film Américain, a ceci de singulier qu’il relate la même histoire que Les bourreaux meurent aussi (Hangmen Also Die), chef d’œuvre que Fritz Lang consacra aux derniers jours du tyran de la Tchécoslovaquie occupée : Reinhard Heydrich. Ce travail, initié par un producteur qui ignorait que l’un de ses confrères finançait un projet identique, fut l’une des grandes réussites du Cinéma anti-Nazi. Il permit à Douglas Sirk de s’enraciner à Hollywood et de concevoir des longs-métrages dans les registres les plus divers (Western, Film historique, Comédie musicale…). Néanmoins, ce fut grâce au Mélodrame, genre dédaigné auquel il donna ses lettres de noblesse, que le cinéaste atteignit l’excellence et grava son nom dans les annales du Septième Art.

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