Mozart

Marcel Proust
« Italienne aux bras d'un Prince de Bavière
Dont l'oeil triste et glacé s'enchante à sa langueur !
Dans ses jardins frileux il tient contre son coeur
Ses seins mûris à l'ombre, où têter la lumière.

Sa tendre âme allemande, - un si profond soupir ! -
Goûte enfin la paresse ardente d'être aimée,
Il livre aux mains trop faibles pour le retenir
Le rayonnant espoir de sa tête charmée.

Chérubin, Don Juan ! loin de l'oubli qui fane
Debout dans les parfums tant il foula de fleurs
Que le vent dispersa sans en sécher les pleurs
Des jardins andalous aux tombes de Toscane !

Dans le parc allemand où brument les ennuis,
L'Italienne encore est reine de la nuit.
Son haleine y fait l'air doux et spirituel
Et sa Flûte enchantée égoutte avec amour
Dans l'ombre chaude encore des adieux d'un beau jour
La fraîcheur des sorbets, des baisers et du ciel. »

Autres articles associés à ce dossier

Mozart et Salieri

Alexandre Pouchkine

"A la mort de Mozart, quelques rumeurs coururent Vienne accusant Salieri d'avoir empoisonné son collègue. Mais déjà personne n'y croyait. C'e

L'inspiration mozartienne

Wolfgang Amadeus Mozart


Mozart

Léo-Pol Morin


Un génie abondant

Hélène Laberge


À lire également du même auteur

Sur la lecture
"Nous détachons ces pages d’une préface que M. Marcel Proust a écrite pour une traduct




En marge de la Conférence de Glasgow