Le Nôtre André

1613-1700
« (...) L’homme, de par sa modestie légendaire, semble nous échapper. Issu d’une famille de jardiniers, il naquit à Paris le 12 mars 1613. Son père, Jean Le Nôtre, remplissait les fonctions de jardinier en chef du roi au jardin des Tuileries. Les goûts précoces qu’André manifesta pour le dessin et la peinture ne purent qu’être encouragés par la fréquentation de maîtres tels que Simon Vouet ou François Mansart. Il semblerait même qu’il fit œuvre d’architecte, en particulier au service de Gaston d’Orléans. Sa carrière, néanmoins, devait être celle d’un jardinier, puisqu’il reprit en 1637 la charge de son père aux Tuileries, avant de devenir en 1645 « dessinateur des plantz et jardins du Roy ». C’est en tant que tel qu’il fut amené à créer quelques-uns des plus beaux jardins de France; son talent lui permit de répondre à la perfection de son commanditaire principal : Louis XIV, auquel des liens réciproques d’estime et d’amitié profondes l’attachèrent jusqu’à sa mort.»

Source et suite: Célébrations nationales 2000 (Ministère de la Culture et de la Communication, France)

«Son père, surintendant des jardins des Tuileries, le destinait à la peinture. Il fréquenta en effet l'atelier de Simon Vouet, où il se lia avec Lebrun; mais il préféra succéder à son père dans son emploi, et il s'acquit rapidement dans l'art de tracer et de disposer les jardins une réputation assez grande pour que Fouquet le chargeât d'exécuter ceux qui devaient entourer son château de Vaux-le-Vicomte. Le Nôtre donna, à cette occasion, la mesure de son génie et créa le jardin français, aux allées droites et aux plates-bandes entourant des gazons plans ou des bassins, avec des portiques, des berceaux, des grottes, des treillages, des labyrinthes. Louis XIV, qui avait été convié par Fouquet à venir visiter ces magnificences nouvelles, en fut enthousiasmé et il confia à leur auteur, en même temps que la direction de tous les jardins de ses résidences, le soin d'aménager la terrasse et le parc de Versailles. Le Nôtre se surpassa; il fit d'une plaine aride la merveille conservée à peu près intacte depuis [trois] siècles et demi, et, après avoir imaginé le grand canal, pour dessécher le marais malsain qui couvrait toute cette partie, dessina Trianon. Ses autres chefs-d'oeuvre, tous postérieurs, sont: la terrasse de Saint-Germain, le parterre du Tibre à Fontainebleau, les jardins de Clagny, ceux de Chantilly, de Saint-Cloud, de Meudon, de Sceaux, de Villers-Cotterets, la promenade de la Hotoie, à Amiens, les parcs de Greenwich et de Saint-James, à Londres, etc. En 1678, il visita l'Italie avec la permission du roi et reçut du pape Innocent XI le plus aimable accueil. Il apporta encore, à son retour, plusieurs améliorations dans les jardins royaux et ne prit sa retraite qu'âgé de près de quatre-vingts ans. Louis XIV, qui lui avait accordé en 1675 des lettres de noblesse et la croix de Saint-Michel, continua de le combler, jusqu'à sa mort, des plus flatteuses distinctions. On conte notamment qu'à Marly, an cours d'une promenade, il le fit monter près de lui dans une chaise semblable. Il fut enterré à Saint-Roch, dans une chapelle qu'il y avait fondée. Soit buste a été sculpté par Coysevox.»

Article «Le Nôtre» de La Grande encyclopédie, tome 25 (publiée entre 1885 et 1902)

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